Bilan 2011 : Dvds / Littérature / Spectacles

Un dernier pour la route, un melting-pot de mes découvertes dvd, de mes lectures (étonnamment peu nombreuses) et de mes spectacles de l'année.

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Que ce soit en salles ou à la maison, 2011 fût une année prolifique, notamment avec dix films de plus qu'en 2010 vus en dvd, auxquels s'ajoutent trois revisionnages et cinq courts-métrages. NB : pour ce bilan, je me suis promis de ne pas vous abreuver de paroles sur les longs-métrages et vais essayer de m'en tenir à une phrase ou deux par film ;)

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TOP 15 de mes découvertes DVD de l'année


1) 2001 : L'Odyssée de l'Espace, de Stanley Kubrick (1968)

"Un monument. Gigantesque de bout en bout. Il me faudrait soixante-dix pages pour exprimer mon admiration, mon ressenti face à ce chef-d’œuvre, c'est, sans conteste, l'un des plus beaux films que j'ai vu de ma vie, celui qui me questionne encore aujourd'hui. Magistral."



(toujours le même frisson devant cette scène)

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2) Chantons sous la pluie, de Stanley Donen, Gene Kelly (1952)

"L'un de mes petits bonheurs de l'année. C'est merveilleux de bout en bout, à la fois émouvant et drôle, sautillant, dynamique, un de mes films musicaux favoris. Du grand art et un remonte-moral garanti."



(une cure de bonne humeur absolue)

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3) Le Lauréat, de Mike Nichols (1967)

"Immense long-métrage d'une génération perdue, noyée entre puritanisme et libération sexuelle, où Dustin Hoffman débute une carrière éblouissante. Curieusement, le film n'a pas pris une ride et les questionnements du personnage (un jeune homme devant choisir son avenir après ses études) sont les mêmes que ceux de la jeunesse actuelle."



(attention spoilers /!\ Une scène finale mémorable qui devrait être un happy end, mais où, petit à petit, les visages des deux amoureux se décomposent, comme conscients de ce qu'ils viennent de faire. "It"s too late / Not for me", un échange absolument culte, et puis The Sound of Silence de Simon & Garfunkel)

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4) Le Voyage de Chihiro, de Hayao Miyazaki (2001)

"A chaque long-métrage, les studios Ghibli délivrent de petites merveilles. Le Voyage de Chihiro, découvert cette année, est probablement mon favori : mis en scène avec maestria, ce rite initiatique où une petite fille va devoir sauver ses parents m'a littéralement envoûtée. Un chef-d’œuvre."



(une petite bande-annonce pour s'apercevoir de la poésie et de la beauté visuelle du long-métrage)

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5) Elephant Man, de David Lynch (1980)

"Mes larmes de l'année. La sobriété sied très bien à David Lynch qui signe sûrement son film le plus bouleversant. Comment ne pas s'émouvoir devant le calvaire d'un homme, prisonnier de son apparence ? Autant de scènes cultes (la révélation, l'humiliation, le métro, ce final où il veut enfin dormir "comme les autres") pour un long-métrage sidérant."



(un petit oubli : les acteurs, tous parfaits, que ce soit John Hurt, bien sûr, mais aussi Anne Bancroft et Anthony Hopkins)

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6) La Ligne rouge, de Terrence Malick (1998)

"Ils sont rares les films de guerre en forme de poème : La Ligne rouge fait partie de ces exceptions bien méritées. Quasiment trois heures pour raconter le destin de soldats et s'interroger profondément sur la nature humaine. Comment Jim Caviezel, magistral, n'a-t-il pas embrasser une carrière à la hauteur de son talent ? Une gifle."



(bande-annonce sans spoilers, mais avec la magnifique BO du long-métrage)

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7) Les Sentiers de la gloire, de Stanley Kubrick (1957)

"Encore un Kubrick dans mon classement, encore un film de guerre également, avec ce long-métrage contre les méthodes de l'armée (longtemps censuré), où l'opposition a lieu dans le même camp. Le cinéaste portait déjà toutes ses obsessions dans sa mise en scène en dirigeant un Kirk Douglas formidable. Bouleversant."



(un final absolument renversant)

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8) Les Dents de la mer, de Steven Spielberg (1975)

"Sûrement l'un des films les plus terrifiants que j'ai vus jusqu'à aujourd'hui. Je sais d'avance que je n'irai jamais me baigner en mer tant le long-métrage m'a traumatisée. La plus belle idée de Spielberg est d'avoir retardé le moment où le requin surgit, son apparition restant l'un des moments-clés du film (et la réplique de Roy Scheider semble inoubliable "il va nous falloir un bateau plus gros !")."



(bande annonce du film, je n'ai pas trouvé la scène où Quint raconte le naufrage de l'Indianapolis, à la fois terrifiante et cynique) 

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9) Star Wars - Episode III : La Revanche des Siths / Star Wars - Episode V : L'Empire contre-attaque, de Georges Lucas & Irvin Kershner (2005 / 1980)

"Ahlala, j'ai résisté pendant des années, persuadée du manque d'intérêt total de cette saga, et pourtant, comme les autres, je me suis prise au jeu en entrant dans cet univers devenu absolument culte. Dans mon classement de tête, deux épisodes marquants : le troisième de la prélogie où Anakin sombre du côté obscur de la force, et le deuxième de la trilogie originale, peut-être le plus réussi de l'ensemble. Un gros morceau du cinéma de divertissement."



("No, I'm Your Father" ...)

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10) Marie-Antoinette, de Sofia Coppola (2006)

"On a beaucoup reproché au film ses erreurs et ses anachronismes, mais c'est justement cette modernité, cette volonté de dynamiter l'exercice de style qui offrent tout son cachet à cet objet. Avec une Kirsten Dunst parfaite dans le rôle principal, jeune femme avant d'être reine de France."



(trailer du film peu avant sa sortie)

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11) Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch, de Anne Linsel, Rainer Hoffmann (2010)

"Un documentaire qui contient toutes les qualités absentes de Pina, l'hommage de Wim Wenders à son amie disparue. L'émotion, la danse vue, revue, disséquée, à l'état brut ou non. Une pure réussite."



(trailer du film avec quelques extraits de danses)

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12) Dumbo, de Walt Disney, Ben Sharpsteen (1941)

"Hé oui, mon petit cœur d'enfant a encore frappé. C'est sans aucun doute l'un des films Disney les plus émouvants et je crois qu'il fonctionne à tous les âges. J'avoue, j'ai pleuré ..."



(que c'est beau ... ! On verse tous une larme à ce moment-là, je crois)

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13) Pardonnez-moi, de Maïwenn (2006)

"Le premier film de Maïwenn, aussi foutraque que Polisse, mais habité par une rage, une détermination, une envie, comme on en voit rarement dans le cinéma français. Un long-métrage sans concessions, ni mièvrerie."



(la scène de la poupée, la plus forte du film, sans doute. On peut lui reprocher des quantités de défauts, mais pas celui de feindre l'émotion)

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14) Le Sens de la vie pour 9.99$, de Tatia Rosenthal (2008)

"Un petit film d'animation israélien et australien réalisé en stop-motion, un tout petit objet où différents personnages se croisent à Tel-Aviv. C'est vif, impertinent, d'un ton où l'humour noir rencontre la cruauté humaine et ça dit tellement de choses sur nos vies, notre rapport à l'autre, que ça en devient poignant."



(bande-annonce du long-métrage, pas d'extraits à proprement parler)

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15) Conversation(s) avec une femme, de Hans Canosa (2006)

"Un exercice de style brillamment réalisé (tout le film repose sur son principe, le split-screen) où les souvenirs de deux ex-amants (Helena Bonham Carter & Aaron Eckhart) refont surface. Triste et drôle, à la fois."



(la belle bande-annonce du long-métrage)

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Une sélection de courts-métrages



Un court-métrage absolument brillant, datant de 2007, réalisé par Nash Edgerton (frère de Joel, vu dans Animal Kingdom et Warrior). David Michôd, le réalisateur d'Animal Kingdom, a participé à son écriture. Un mélange d'émotions où l'on ne sait plus si l'on doit rire ou pleurer (le film est en VO, mais ça ne gêne en rien à sa compréhension).



Trailer d'un court-métrage danois sur la violence conjugale et son impact sur les plus jeunes. Un vrai choc.



Une vidéo en VO, mais je pense, encore une fois, que la langue d'origine ne nuit pas à la compréhension du court-métrage (d'autant plus qu'il est sous-titré en anglais). Ou comment un simple T-Shirt peut mettre le feu aux poudres entre plusieurs religions.





Un essai qui répond étonnamment bien au film We Need to Talk About Kevin, montrant que la personnalité du nouveau-né est déjà bien définie dès son plus jeune âge. Très dérangeant.

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LITTÉRATURE

Les années se suivent et se ressemblent, surtout dans le domaine de la littérature. 2011 fût une minuscule année pour les livres, l'une de celles que j'aimerais oublier, avec huit petites lectures et peu de satisfaction dans ce domaine. Allez, en 2012, on se reprend et on vise la vingtaine de livres lus.



  • Les Témoins de la mariée, Didier van Cauwelaert •
  • Lolita, Vladimir Nabokov •
  • La Fenêtre Panoramique, Richard Yates
  • Auprès de moi toujours, Kazuo Ishiguro •
  • La triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires, Tim Burton •
  • Mygale, Thierry Jonquet •
  • Faut-il manger les animaux ?, Jonathan Safran Foer •
  • Tuer le père, Amélie Nothomb •

Au menu, un récit sincèrement loupé (Les Témoins de la mariée), un classique sulfureux (Lolita), trois superbes histoires adaptées au cinéma (La Fenêtre Panoramique VS Les Noces rebelles, Auprès de moi toujours VS Never Let Me Go, Mygale VS La Piel que Habito), un recueil de poésie charmant (La triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires), un essai glaçant (Faut-il manger les animaux ?) et un cru Nothombien très décevant (Tuer le père).

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SPECTACLES

Dix-huit spectacles en 2011

Cela faisait quatre ans (depuis 2007, une année formidable pour les concerts) que je ne m'étais pas déplacée autant pour voir des spectacles. La cause principale de cette augmentation restera, je crois, la révélation de plusieurs artistes que je ne connaissais pas du tout en début d'année, couplée à la tournée prolongée de chanteurs comme Pierre Lapointe. Flash-back sur une année inoubliable, de ce point de vue.

Pierre Lapointe


Quatre spectacles inoubliables (on continue notre visite des salles parisiennes avec le Théâtre de l'Atelier, la Gaîté Lyrique et le Café de la Danse) pour celui qui reste l'artiste dans toute sa splendeur. C'est absolument inexplicable cette capacité à hypnotiser une foule, à l'entraîner dans un univers peuplé de créatures hybrides, de sentiments humains jaillissant sur un spectateur conquis. Un moment d'émotion rare à chaque concert.



Tous les visages (même si cette chanson n'est pas ma favorite, le clip est splendide)

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Zazie

Zazie et Philippe Paradis

Un merveilleux concert pour le dernier Olympia, qui remonte le niveau d'un précédent album assez loin d'être pleinement convaincant. Mais, tout de même, Zazie n'a rien perdu de son énergie communicative, de ses petites intermèdes qui n'appartiennent qu'à elle, et, surtout, j'ai été plus que ravie de voir arriver le groupe AaRON pour chanter avec elle sur scène. Sûrement l'une des surprises lives que j'ai préférées.



La Place du vide (avec AaRON), un souvenir superbe

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Calogero


Quiconque me connaît (très) bien sait que Calogero fait partie des premiers artistes pour lesquels je me suis déplacée en salles. Étant adolescente, il fût mon alternative aux rengaines rap/r'n'b radiophoniques et est devenu une référence de la pop française (pour moi, en tout cas). C'est donc avec un petit pincement au coeur que j'ai assisté à ce spectacle symphonique pour ces deux soirées inoubliables au Théâtre du Châtelet. Un lieu chargé d'histoires que je retrouvais avec un plaisir fou pour des instants littéralement merveilleux. J'ai été embarquée par ce show émouvant, par ces chansons réorchestrées, retravaillées, que l'on croyait faites pour éclore dans un tel endroit. Mon plus beau moment de l'année.


C'est dit / La Fin de la fin du monde (j'avoue ne pas avoir pu retenir mes larmes au moment où le rideau s'est ouvert, dévoilant ainsi l'orchestre symphonique)

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Asa


Prix Constantin 2008, Asa a ouvert le temps des festivals, celui où l'on fait de jolies découvertes (ou pas). C'est, en effet, sans connaître cette jeune femme que je me suis rendue à son concert (j'avais tout juste entendu Be My Man, son plus récent single) et j'en suis ressortie agréablement surprise. Pétillante, porteuse d'un timbre de voix marqué, Asa est une artiste de scène complète et enjouée. Idéale pour déconnecter.



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AaRON


En deux spectacles (l'un dans le cadre de leur tournée électrique, l'autre lors de l'Unplugged & Waves), j'ai su que je ne m'étais pas trompée sur ces deux garçons au talent incroyable. Portés par une énergie insensée, ils tricotent une pop anglaise élégante et fédératrice. De futures rock stars.



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Yael Naim


Une autre découverte des festivals, même si j'aimais déjà beaucoup ses deux albums. Je m'attendais à un concert intimiste, parfois un peu morne, mais c'est tout le contraire qui s'est produit : une véritable boule d'énergie sur scène, un plaisir d'être là communicatif et touchant.



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Ladylike Dragons


Une étonnante formation à trois, d'origine française, qui ose un retour au rock puissant et alternatif. En live, ils sont possédés par une force et une envie de tout donner réjouissantes. A suivre.



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Rococo


Découverts sur scène le même week-end que Ladylike Dragons, le groupe Rococo m'avait déjà conquis grâce à leur premier album, qui tournait depuis quelques mois déjà à la maison. En live, c'est la vérification d'un talent, d'une voix et d'un trio qui fonctionne avec complicité et rythme face à un public difficile à convaincre. Une belle confirmation.



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Si j'ai parlé du meilleur artiste (dans le sens "auteur-compositeur-interprète") en tout début de bilan, je vais, maintenant, poursuivre avec mes deux révélations de l'année, appréciés sur scène à deux reprises pour l'un, à trois pour le duo suivant.

Arnaud Tsamere


Garnier et Sentou


Vraiment (et définitivement), 2011 a été une année très bizarre. Personnellement comme culturellement. Un enchevêtrement de situations qui n'étaient pas faites pour moi. La preuve avec ces coups de cœur de l'année qui ne me ressemblent pas. Il faut dire que les humoristes et moi, c'est un peu comme une réaction chimique qui ne se produit jamais ... ou presque, mais il a suffi d'un jeudi soir de février pour changer la donne. Dans une fin d'après-midi ennuyeuse, de celle où l'on allume sa télévision de dépit en "fond sonore", j'ai découvert ces trois garçons incroyables.

Chez Arnaud Tsamere, j'ai, tout de suite, aimé son absence de vulgarité, de racolage gênant (comme on en trouve, malheureusement, souvent dans le stand-up), ses talents de comédien capable de nous faire croire à n'importe quelle situation (son faux loupé dans Mon Chien est surdoué), son écriture fine et précise, et, surtout, sa très grande classe. Puis, au fil des émissions, j'ai été épatée par son intelligence. C'est bien simple, cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu un garçon si brillant, si cultivé, s'abstenir de tomber dans la prétention ou la condescendance. Sur scène, il creuse ce sillon entre digressions bienvenues (même s'il pratique étrangement moins le slow-burn), morceaux épiques (son vaudeville à pleurer de rire) et ironie grinçante. L'élégance personnifiée.


L'incroyable logique Tsamerienne


Son record dans l'émission


Mon préféré, il n'y a que lui pour nous faire retomber en enfance à ce point

Pour Garnier et Sentou, ce fût le coup de cœur immédiat. En transformant un sujet impensable (la guerre des bols bretons entre Quimper et Pornic) en bande-annonce de film, ils ont, forcément, parlé à mon âme de cinéphile. J'ai été vraiment scotchée par leur inventivité, leurs délires complètement loufoques et leurs jeux d'acteurs respectifs. Comme pour Arnaud Tsamere, à mesure que l'année s'est écoulée, j'ai été étonnée par leur régularité et leur renouvellement constant. Ils ne se reposent jamais sur leurs acquis, créant des situations de plus en plus rocambolesques, mais aussi de plus en plus drôles. Sur scène comme dans l'émission, leur complicité et leur amour du métier font merveille, si bien que l'on est perpétuellement éblouis par leurs trouvailles (le sketch des cordes vocales, entre autres). Du grand art.


Une formidable parodie de la Nouvelle Star


Mon préféré, je me vois encore pleurer de rire en février dernier devant tant d'ingéniosité (d'ailleurs, le sketch est vraiment sous-noté)


Artistes complets ;) (mais où vont-ils chercher toutes ces idées ?)

(et je me sens obligée de préciser à quel point ces trois garçons sont aussi fantastiques humainement qu'artistiquement ;)

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Allez, que 2012 commence (vraiment) ! A l'année prochaine :-)

Bilan cinématographique 2011 (Top 15)

Quelle année ! Là où 2010 fût laborieuse, 2011 a été l'une des dernières années les plus florissantes pour l'industrie cinématographique alors que rien ne la prédisposait à s'inscrire au panthéon des grandes réussites. Alors, bien sûr, quelques ratés ont grippé la machine, mais la moisson est plus que glorieuse : le cinéma français ne s'est jamais aussi bien porté, les projets originaux ont étonnamment attiré le public et les grands films sont plus nombreux qu'en 2010.


Ce total reprend les séances cinéma (hormis les deux doublons de l'année : The Tree of Life et Intouchables), sans compter les films sortis en 2011 que j'ai rattrapés en dvd par la suite (Winter's Bone, Blue Valentine, Balada Triste, Rabbit Hole, Morning Glory, Animal Kingdom et We Need to Talk About Kevin). Autant dire que j'ai littéralement explosé mon record (28 films de plus cette année), mais ce score est à l'image d'un cru prolifique. Mon plus grand regret reste d'avoir loupé Shame que j'aurais, sans doute, intégré à mon top 15. A charge de revanche en 2012.

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TOP 15 des meilleurs films de l'année 2011



15) Intouchables de Eric Toledano et Olivier Nakache (En salles le 02/11/2011)

En 2011 encore, la comédie française s'est parée d'oripeaux anti-glamour, la faute à des films paresseux comme Les Tuche, La Croisière, Bienvenue à bord, Hollywoo, Rien à déclarer, caractéristiques d'un niveau décidément navrant. Alors, comment oublier, dans le classement de fin d'année, ce film-phénomène, redorant (enfin) le blason de la comédie populaire ? Déjà, dans Nos jours heureux ou Tellement proches, les réalisateurs instauraient une liberté de ton, une fraîcheur rafraîchissante et bienvenue dans un carcan étouffant. Avec Intouchables, ils font plus que transformer l'essai, ils réconcilient surtout le succès au box-office et la qualité d'une comédie française élégante. De ce choc des cultures entre Philippe, un aristocrate devenu tétraplégique à la suite d'un accident de parapente, et Driss, son auxiliaire de vie (et accessoirement jeune de banlieue), ils extirpent, avant tout, le rire et l'impertinence des situations. Il faut les voir tourner le handicap en dérision pour comprendre toute la portée de ce feel-good movie qui évite les sentiments bien-pensants, mais pas l'émotion sincère.

Ma scène préférée : le film regorge de scènes cultes que tout le monde a plus ou moins cité, c'est un festival Omar Sy (qui est une véritable révélation, même s'il avait déjà montré son potentiel dans les précédents longs-métrages des réalisateurs) entre l'Opéra et la soirée d'anniversaire, mais je choisirais, personnellement, la toute fin. Sans fioritures, tout en simplicité et le regard de François Cluzet est littéralement bouleversant à ce moment-là.  

Le feel-good movie de l'année

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14) Polisse de Maïwenn (En salles le 19/10/2011)

En début d'année, je me suis procurée le coffret des deux premiers films de Maïwenn, curieuse de découvrir cette réalisatrice dont on m'avait dit beaucoup de bien. Peu avant la sortie de Polisse, j'ai, donc, visionné Pardonnez-moi et Le Bal des actrices : si le premier était un coup de poing dans l'estomac (j'aurai l'occasion d'en reparler dans la section "dvds"), le second m'a semblé beaucoup plus artificiel. C'est dans cette configuration "1 partout, la balle au centre" que je suis allée voir ce troisième long-métrage, précédé d'un énorme buzz et auréolé du Prix du Jury au Festival de Cannes. A ma plus grande satisfaction, Maïwenn a choisi de s'éloigner d'un certain microcosme nombriliste pour explorer un sujet qui ne la touche pas personnellement (la Brigade de Protection des Mineurs). En résulte un uppercut, un film-somme, confrontant l'acceptable et l'inacceptable, des émotions a priori contraires. Même si elle n'est pas une virtuose de la caméra, son sens de la narration et sa direction d'acteurs (tous éblouissants, on en reparle aux Césars) rendent le propos passionnant. On s'attache pendant deux heures à ces personnages duplices, portés par une énergie déchirante d'indignation et de rage rentrée.

Ma scène préférée : si l'on peut reprocher au film son aspect foutraque (Maïwenn veut tout montrer, tout de suite), il cumule les scènes intenses. En tête de liste, je me remémore cet accouchement d'un enfant mort-né d'un viol et cette explosion entre Karin Viard et Marina Foïs. La violence surgit d'un plan, d'une idée et nous prend littéralement aux tripes jusqu'à un final hautement symbolique.

L'immersion de l'année

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13) The Artist de Michel Hazanavicius (En salles le 12/10/2011)

Encore un film français dans ce top, un miracle alors que le classement de l'année dernière n'en comportait aucun. Voilà bien longtemps qu'un projet aussi audacieux n'avait pas vu le jour dans le monde du cinéma (qu'il soit hexagonal ou non) et il faut dire qu'obtenir les fonds nécessaires pour réaliser un film muet, noir et blanc en 2011 représente un véritable tour de force. Instigateur de ce miracle, Michel Hazanavicius (à qui l'on doit les deux OSS 117) délivre, non seulement, un long-métrage d'une audace folle, mais aussi un merveilleux hommage au cinéma. Le spectateur assiste à une déclaration d'amour à l'art, ponctuée de références bien senties (La Chasse du comte Zharof, Elle et lui, Chantons sous la pluie ...) d'une drôlerie et d'une élégance absolues. Malgré un scénario parfois sur des rails (l'intrigue de cet amour platonique au climax dansant), le charme de la direction artistique et l'extraordinaire duo d'acteurs (Jean Dujardin et Bérénice Béjo, incroyables) transportent ce mélodrame fait d'admiration et de compétition au summum de la création.

Ma scène préférée : outre la scène finale entre Bérénice Béjo et Jean Dujardin (et ce dernier mot ô combien émouvant), j'ai énormément aimé l'ambiance du cauchemar, ce moment de décrochement temporel où le film se retrouve propulsé en 2011. Le son apparaît petit à petit dans une mise en scène digne d'un excellent film de genre et les pires craintes de l'acteur-vedette deviennent une prémonition troublante.

La déclaration d'amour de l'année

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12) True Grit de Joel et Ethan Coen (En salles le 23/02/2011)

Mon histoire avec les frères Coen ressemble à une liaison contrariée entre sursauts et dégoûts. Je me souviens comme si c'était hier du premier long-métrage de leur cru vu en salles : il s'agissait de No Country for Old Men et j'avais été aussi terrifiée que renversée par ce cinéma âpre et sans concessions. Depuis, j'ai beaucoup aimé certains de leurs films (A Serious Man), détesté quelques autres (Burn after Reading), mais, étrangement, j'ai toujours nourri un mélange d'attraction-répulsion pour leur univers. A croire que la hache de guerre est définitivement enterrée avec ce True Grit magnifique, un revival du western en bonne et due forme. En proposant un remake de Cent Dollars pour un Shérif (réalisé par Henry Hathaway), le tandem s'est offert leur film le plus accessible, mais certainement pas le moins complexe. Fidèles à leur réputation de metteurs en scène acharnés, ils ont habilement distillé toute la complexité de leur cinéma entre inconvenances ironiques, psychologie fouillée et trio d'acteurs épatants (la révélation Hailee Steinfield, Matt Damon et Jeff Bridges).

Ma scène préférée : j'aime infiniment le final avec cette nuit américaine où Jeff Bridges porte dans ses bras Hailee Steinfield. La densité crépusculaire du long-métrage explose dans cet épilogue émouvant et mélancolique. 

Le remake intelligent de l'année

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11) Super 8 de J.J Abrams (En salles le 03/08/2011)

2011 fût une année-hommage au cinéma des fondateurs : Michel Hazanavicius s'est attaqué aux films muets avec The Artist, Martin Scorsese s'est métamorphosé en grand gamin pour retracer l'histoire de Georges Méliès et, cet été, J.J. Abrams a créé la surprise, entre Captain America et Green Lantern, avec ce long-métrage nostalgique sur l'enfance et le "c'était mieux avant". Élève appliqué, le réalisateur de Star Trek a digéré les films du maître Spielberg pour mieux lui témoigner un infini respect. Portant un beau regard sur l'âge de l'innocence, il s'est amusé à glisser quelques références au maestro (Rencontres du troisième type, ET, mais aussi Jaws dans sa manière de repousser le plus possible la rencontre avec la créature), préférant la subtilité d'un film bric-à-brac au blockbuster dynamité. Nul doute que le cinéaste s'est créé un double en la personne de ce jeune garçon réalisateur compulsif (Joel Courtney) amoureux de la délicate Elle Fanning. Face à des années 2010 pleines de cynisme, qu'il est agréable de retrouver un parfum de naïveté et d'émerveillement, de revenir à ce temps béni où les extra-terrestres voulaient simplement rentrer à la maison. Un futur classique.

Ma scène préférée : la mise en scène est bluffante durant tout le film, mais j'ai été sidérée par cette spectaculaire séquence de catastrophe ferroviaire qui, tout en apportant la notion de "cinéma de divertissement" au long-métrage, témoigne des liens indéfectibles existants entre tous les gamins.

Le flash-back de l'année

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10) Une Séparation de Asghar Farhadi (En salles le 08/06/2011)

Si l'incroyable succès d'Intouchables donne le tournis, le carton surprise de ce film iranien (quasiment un million d'entrées, une performance) a pris tout le monde de court cet été. Lauréat de l'Ours d'Or du Meilleur Film au Festival de Berlin et de l'Ours d'Argent pour l'ensemble des acteurs, Une Séparation, cinquième long-métrage de son auteur, a l'aura des évidences. Évidence lorsque le réalisateur choisit de ne pas nous expliquer pourquoi cette femme veut convaincre son mari de partir à l'étranger pour élever leur unique fille. Évidence d'une mise en scène qui ne cherche pas l’esbroufe, mais sonde ses personnages pour mieux interroger les conflits politiques et sociaux. Évidence toujours de cette absence de manichéisme, de cette efficacité "à l'américaine" et de cette troupe d'acteurs à l'incarnation impeccable. Le cinéaste scrute une société gangrenée par le système, engloutie dans une prison de verre, symbolisée par toutes ces baies vitrées et ces portes closes qui les séparent les uns des autres. Un combat perdu d'avance, mais déchirant.

Ma scène préférée : le film est une entité d'où il est difficile d'extirper des morceaux de bravoure (là n'est pas l'intérêt du metteur en scène), mais la scène finale démontre, sans éclats, les différends inconciliables qui empêchent les personnages d'atteindre une solution satisfaisante. L'enfant perd son innocence et plonge dans une vie d'adultes avec un choix impossible.

La rupture de l'année

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9) We Need to Talk About Kevin de Lynne Ramsay (En salles le 28/09/2011)

Premier des deux films rattrapés après leur sortie en salles, ce troisième film de la cinéaste Lynne Ramsay (dont j'ignorais l'existence jusqu'à celui-ci) est la surprise de fin d'année. Visionné avant de basculer en 2012, il entre au palmarès grâce à un véritable coup de chance. Lors de sa présentation au Festival de Cannes, j'avais été intriguée par le synopsis et les échos glanés ça et là m'avaient amplement convaincue de m'attarder sur son cas. Dans cette chronologie fragmentée épatante d'intensité et de maîtrise, la réalisatrice adopte le point de vue d'une mère contrainte de faire face aux actes de son fils ayant perpétré un massacre dans son lycée. Au lieu de choisir la voie psychologisante et moralisatrice, le film préfère suivre cette femme dont la vie entière est tombée en ruines, écroulée sous le poids de la culpabilité, cherchant, en vain, à remettre les pièces du puzzle dans l'ordre. A-t-elle mal aimé son enfant ou est-il simplement le Diable en personne ? Le long-métrage, d'un réalisme psychologique implacable et visuellement renversant, nous broie de terreur, nous étouffe, nous dérange, mais ne laisse jamais indifférent. On est stupéfié par la performance de Tilda Swinton (décidément l'une des meilleures actrices actuelles), soufflé par la révélation d'Ezra Miller, vrai-faux sociopathe glaçant, et surtout marqué par cette réflexion sur la construction infantile et l'amour maternel.

Ma scène préférée : le film est un jeu de piste symbolique (parfois trop lui reprocheront ses détracteurs) et j'ai été enchantée par l'élaboration visuelle autour de la couleur rouge (rappelant à quel point la mère "porte" les crimes de son enfant), apportant une dimension résolument tragique au récit.

L'enfant maléfique de l'année

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8) L'Apollonide - souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello (En salles le 21/09/2011)

L'Apollonide représente mon "baptême du feu" avec l'univers de Bertrand Bonello. Considéré comme une valeur sûre du jeune cinéma d'auteur, il s'est attaché, pour son cinquième film, à raconter la fin d'un temps avec la peinture de cette maison close dans les lueurs du vingtième siècle. Sans attentes spéciales, j'ai été absolument bouleversée par cet état des lieux osant montrer l'étrangeté d'un tel endroit, à la fois vestige de plaisir, mais aussi, sous les toits, théâtre d'un dénuement total. En plus d'être un hommage à ces "travailleuses du sexe", L'Apollonide est surtout un long-métrage magnifique sur la condition féminine, miroir d'une société. Bonello filme l'absence d'espoir, la mélancolie avec poésie (cette image finale d'une prostituée pleurant des larmes de sperme) et cruauté (les scènes glaçantes de la femme qui rit ou ce passage redouté chez le gynécologue). Il ose jouer sur plusieurs tableaux : la splendeur des images contraste avec le destin de ces poupées en sursis. La chair est triste lorsque le plaisir des hommes conduit les femmes au tombeau. Sensuel sans être voyeuriste, emmené par un casting époustouflant (Céline Sallette, Adèle Haenel, Alice Barnole et Iliana Zabeth sont d'incroyables révélations), ce songe hypnotique et passionnant n'est rien de moins que l'un des plus beaux films de l'année sur l'être féminin.

Ma scène préférée : un comble d'irrévérence lorsque l'une des prostituées meurt. Les filles sont réunies au salon et dansent sur Nights in White Satin des Moody Blues : sans paroles, le réalisateur nous fait voir l'horreur de la situation, la complicité de ces filles et la prison dont elles ne pourront s'échapper.

Le film féminin de l'année

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7) Les Bien-aimés de Christophe Honoré (En salles le 24/08/2011)

Lorsque j'ai découvert Christophe Honoré en 2008 avec Les Chansons d'amour, j'ai tout de suite apprécié sa liberté de ton, sa vision du sentiment amoureux et sa façon unique de diriger ses acteurs. J'ai ainsi fait la connaissance d'Alex Beaupain, chanteur et compositeur de musiques de film, qui s'était chargé de l'intégralité de cette bande originale. Alors, c'est en bonne amoureuse des longs-métrages musicaux que j'étais plus qu'impatiente de découvrir ce nouvel essai mélodique. Subjectivement, cet objet ne détrônera pas Les Chansons d'amour dans mon cœur, mais, en toute objectivité, le cinéaste nous a certainement livré son plus beau film à ce jour. Fresque romanesque, saga où l'espoir sombre dans le désenchantement, ces Bien-aimés ont la langueur tragique des amours impossibles, de ceux que l'on voudrait sans parvenir à les toucher du doigt. Avec élégance et lyrisme, Christophe Honoré témoigne de la contradiction des sentiments, de nos renoncements, en sondant quarante années de vie, une complicité mère-fille (Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni, merveilleuses), une jeunesse qui se termine ou qui commence mal. Un grand film, écho des passions en musique.

Ma scène préférée : plusieurs me viennent en tête. Je vais en citer trois : la première est cette fantastique scène sur le pont (Tout est si calme) au moment où les deux époques se rejoignent, la seconde est le final du personnage de Milos Forman et, enfin, l'épisode américain où Chiara Mastroianni, éperdue d'amour pour Paul Schneider, est bouleversante dans sa quête insensée.

Le film-fleuve de l'année

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6) Blue Valentine de Derek Cianfrance (En salles le 15/06/2011)

Derek Cianfrance m'a brisé le cœur. Vraiment et littéralement. Débarrassé des tics du cinéma "indépendant", ce jeune réalisateur, préparant ce projet depuis onze ans, est l'auteur de ce premier film bouleversant de vérité. Pourquoi l'amour se perd ? Comment sonner le glas d'une relation de couple ? Autant d'intermittences (du cœur) difficiles à contrôler et à accepter. Pour incarner ces deux adultes qui se sont connus trop tôt, partagés entre l'envie d'y croire encore et le dégoût d'un tel bilan, Michelle Williams et Ryan Gosling tissent une complicité émouvante où les moments heureux se heurtent aux conflits. Construit en flash-back, le long-métrage ne grille pas toutes ses cartouches d'entrée de jeu et rend anxiogène une absence de communication au présent quand les sentiments passés semblaient inébranlables. Le temps qui passe représente l'ennemi d'une réalité sereine et les erreurs de jeunesse se paient cash lorsque l'addition nous est présentée.

Ma scène préférée : le jeu de Michelle Williams est incroyable au moment de l'avortement et le final, entre passé et présent, nous émeut avec sobriété et sincérité.

Le coup de foudre de l'année

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5) Melancholia de Lars von Trier (En salles le 10/08/2011)

Qu'il est triste de s'apercevoir que ce film est injustement connu en raison du scandale cannois provoqué par les propos de Lars von Trier sur Hitler. Plus que cette fâcheuse histoire de "persona non grata", le cinéaste ne s'est certainement pas rendu compte qu'avec cette énième provocation, il voyait s'envoler la récompense suprême qui lui tendait les bras. En lieu et place, Kirsten Dunst a empoché le prix d'Interprétation féminine (comme Charlotte Gainsbourg pour Antichrist et Björk pour Dancer in the Dark) et l'on a enterré un peu vite ce long-métrage sidérant. Prenant ancrage sur le romantisme allemand, Lars von Trier filme une Apocalypse "par le petit bout de la lorgnette". Pas de déluge ou d'intenses étreintes désespérées, juste deux sœurs, Justine, la blonde (Kirsten Dunst, magistrale), dépressive et clairvoyante et Claire, la brune (Charlotte Gainsbourg, poignante), terrifiée et méthodique. Dans cette élégie funèbre fonctionnant en diptyque avec le film de Terrence Malick (The Tree of Life), le réalisateur chancèle, à nouveau, vers le Dogme (avec cette première partie tout en caméra à l'épaule) avant de lâcher les chevaux (et Wagner avec) pour une seconde partie où la gravité métaphysique de la situation contamine ses cadres. Sa dépression est devenue une œuvre d'art, un poème, un tableau (splendide scène d'ouverture) et la faiblesse de l'Homme face à la nature réveille nos souffrances les plus enfouies. Quand les lumières se rallument, c'est la panique après l'éclat dans la salle : et si la fin des temps se savourait en autarcie lorsque l'espoir n'existe plus ?

Ma scène préférée : forcément, je cite la scène finale et ce dernier plan absolument terrorisant de beauté et d'horreur. Stupidement, nous attendons un geste, un ultime calme après la tempête, mais rien ne viendra. Seul un rite païen mené par un personnage féminin impeccable de courage (rappelons que les hommes ont levé le camp) nous fait accepter le drame.

Le film désespéré de l'année

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4) The Tree of Life de Terrence Malick (En salles le 17/05/2011)

Après la fin du monde, son commencement. Considéré comme l'un des réalisateurs les plus mystérieux de notre époque, Terrence Malick a construit un véritable mythe autour de son travail : sa rareté (seulement cinq films en quarante ans) et son silence sont devenus une marque de fabrique jetant un voile opaque sur une personnalité atypique. C'est donc une Palme d'Or audacieuse décidée à l'unanimité par Robert de Niro et son jury qui est venue récompenser un long-métrage sensitif, considéré, sans demi-mesure, comme magnifique pour les uns, insupportable pour les autres. Et pourtant, The Tree of Life représente, sans conteste, l'un des plus beaux films sortis au cinéma cette année. Si la narration décentrée s'apparente à un poème mystique, elle n'est jamais le gloubiboulga étouffe-chrétien qu'on lui reproche, mais, au contraire, un questionnement permanent sur la présence ou l'absence de Dieu. La virtuosité de chaque plan apparaît saisissante face à l'emportement de la caméra accompagnant les moindres gestes de ses personnages. Dans cette danse envoûtante, l'hallucinante photographie témoigne de l'infiniment grand et de l'infiniment petit avec une perfection bouleversante. Captant l'insaisissable, Terrence Malick filme l'intime, ce père incapable d'aimer ses enfants sans violence (Brad Pitt, fantastique), cette mère dévastée par la perte de son fils (Jessica Chastain, une révélation), mais aussi le gigantesque. En digne héritier de Stanley Kubrick, il établit un parallèle poignant entre la vie d'une famille ordinaire et la création de notre monde : dans une sublime séquence, le Lacrimosa de Zbigniew Preisner s'élève dans un silence de cathédrale sur des images de lave en fusion et de big-bang. Un oxymore révélateur dans l'utilisation d'un requiem pour narrer une naissance. L'arrivée sur Terre de l'humain signait-elle déjà le glas d'une galaxie toute entière ? « Il y a deux voies dans la vie : celle de la Nature et celle de la Grâce », le cinéaste est parvenu à fusionner les deux le temps d'un film-bilan, qui pourrait devenir son 2001, l'odyssée de l'espace à lui.

(je précise que j'ai repris la critique faite au moment de la sortie du film. - C'est d'ailleurs la seule qui n'est pas "inédite" dans cet article. - Je ne voyais pas comment ajouter quelque chose de plus à ce texte dont je pense encore chaque mot plus de six mois après le visionnage.)

Ma scène préférée : je suis tombée amoureuse de ce diaporama "National Geographics" comme l'appellent les détracteurs du film. J'avoue avoir été émue aux larmes par les images et par la merveilleuse musique de Zbigniew Preisner, un Lacrimosa déchirant pour un ami cher.

La réflexion métaphysique de l'année

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3) Drive de Nicolas Winding Refn (En salles le 05/10/2011)

Quiconque m'aurait dit en janvier dernier que je placerais dans mon trio de tête un film comme Drive, j'aurais sûrement beaucoup ri. Mais que nenni, la réalité est belle et bien là, le prix cannois 2011 de la mise en scène est l'un de mes films préférés de l'année, un de ceux auxquels j'ai accordé la note maximale. Et pourtant, avec Nicolas Winding Refn aux commandes, rien n'était gagné : en 2009, Bronson m'avait passablement agacé, la faute à des manies de petit malin se regardant le nombril et à un résultat finalement artificiel. Alors, en lisant le synopsis de Drive, on s'imagine tout de suite un film d'action testostéroné (et pour cause, le bébé était normalement confié à Neil Marshall, réalisateur de Centurion et The Descent, avec Hugh Jackman dans le rôle titre) à la Fast And Furious 7536. Là encore, nos préjugés explosent en plein vol face à un tel concentré de talent où les fusillades deviennent aussi passionnantes que les silences. Pour une fois, le terme "crépusculaire" ne rime pas avec "ennui" dans cette union improbable entre romance désuète, qui pourrait être niaise dans n'importe quelles autres mains, et hyperviolence "à la coréenne". L'originalité du propos est à chercher dans la dynamique entre les personnages : le Driver veut aider le mari, tout juste sorti de prison, de celle qu'il aime. Un pacte créant des scènes instantanément cultes où l'impressionnante précision de la mise en scène rend jouissive cette atmosphère contemplative, élégante aux morceaux musicaux échappés des années 80. Dans le rôle de l'homme sans passé, Ryan Gosling impose un charisme et une gueule d'ange captivant le spectateur jusqu'à l'apogée. Quand le cascadeur se prend pour un héros de cinéma, il donne son âme au diable pour conquérir sa princesse, quitte à se transformer en ange exterminateur pour la protéger. En favorisant une expérience hypnotique, Nicolas Winding Refn construit un film qui va crescendo jusqu'à une explosion de violence qu'il n'est plus possible de retenir. Incroyable.

Ma scène préférée : celle de l'ascenseur, sans aucun doute. Un mélange habile entre romantisme (la plus belle scène de baiser de l'année) et ce déluge gore qui nous cueille aussitôt après. L'expression de Carey Mulligan au moment où les portes se referment est sensationnelle. Je place aussi en tête de liste ce pré-générique rythmé par le tic-tac d'une montre et les palpitations d'un cœur. Brillant.

Le film "masculin" que toutes les filles aiment cette année

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2) La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli (En salles le 31/08/2011)

En 2010, j'avais loupé en salles le premier film de Valérie Donzelli en tant que réalisatrice (il faut dire qu'il avait été distribué sur un tout petit réseau d'Art et Essais). Quelques jours avant de passer à 2011, j'avais néanmoins réussi à me procurer ce long-métrage réussi et prometteur, La Reine des pommes, comédie douce-amère sur la difficulté d'une rupture amoureuse. Film aussi fauché qu'inclassable, il m'avait étonné devant l'inventivité de ses situations et son refus du ridicule. La réussite que constitue La Guerre est déclarée ne ressemble alors en rien à un accident de parcours. Précédé d'un accueil cannois sans précédent dans la section "Un Certain Regard", ce long-métrage autobiographique (Donzelli et Elkaïm racontent leur expérience, celle de parents apprenant la tumeur au cerveau de leur fils) est, tout autant, le récit d'un couple uni pour combattre la maladie, mais aussi l'histoire de deux amoureux qui vont devoir sacrifier leur amour pour sauver leur enfant. De là, toutes les bases sont posées et l'on pourrait imaginer tous les défauts à cet objet hésitant entre comédie et drame : pathos, misérabilisme, habituel schéma à suspense. Sauf que la réalisatrice ne choisit jamais la facilité et bouscule tous les codes que l'on était en droit d'attendre. Dès le début du long-métrage, on sait que cet enfant va survivre et que sa guérison a eu lieu : en effaçant cette prise d'otage psychologique sur le spectateur, Valérie Donzelli s'octroie une liberté inédite. Elle noie son film de musique, emprunte ses idées à la Nouvelle Vague (on pense à Truffaut), tourne à l'aide d'un appareil photo et crée une matière indissociable de son sujet : du cinéma. Les prénoms sont universels (Roméo, Juliette, Adam), l'histoire est contemporaine (un couple d'aujourd'hui où la jeune femme travaille et l'homme garde le bébé), mais surtout, le propos est léger, fin, il sautille de scène en scène. La cinéaste désamorce la lourdeur, le chagrin, nous fait rire souvent (fantastique personnage de la pédiatre, une Béatrice de Staël absolument parfaite), nous arrache des larmes, parfois, et crée une fantaisie jamais austère, ni larmoyante. De cet hymne à la vie, cette déclaration de guerre à la mort, on ressort ivre d'espoir, de joie, la peur au ventre de se sentir toujours vivant, mais aussi la rage d'avancer jusqu'au bout. Une guerre déclarée et remportée par KO.

Ma scène préférée : plusieurs scènes me viennent à l'esprit devant l'aspect novateur du film. En premier, je citerais ce passage fantastique intervenant au début du film où, pour symboliser l'accouchement, Valérie Donzelli préfère zoomer sur le tableau de Courbet, L'Origine du monde. Ensuite, j'ai été bouleversée par la scène où elle doit apprendre la maladie d'Adam à ses proches : plutôt que de se perdre en discours lénifiants, elle a remplacé tous les dialogues par les Quatre Saisons de Vivaldi. Et, enfin, j'ai trouvé le final parfait, muet, avec juste la magnifique musique de Peter Von Poehl, The Bell Tolls Five, en guise de terminus bien mérité.

La bataille vivifiante de l'année

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1) Black Swan de Darren Aronofsky (En salles le 09/02/2011)

Après avoir couronné deux années de suite des blockbusters, me voici revenue "à la maison" avec un film d'auteur tout bonnement incroyable. Depuis l'annonce de ce projet (la rivalité d'une danseuse sur le déclin et de sa future remplaçante), j'avais pensé à tous les scénarios possibles et imaginables, tricoté un thriller psychologique alambiqué dans mon esprit, mais rien, non absolument aucune de mes idées n'était aussi impensable que ce long-métrage. Avec Darren Aronofsky aux manettes, je m'attendais à un film obsédant à mi-chemin entre Requiem for a Dream (qui était resté son petit chef-d’œuvre jusqu'à ce jour) et The Fountain, mais j'ai surtout obtenu le pendant féminin de The Wrestler. Peu importe que Nina soit ballerine, catcheuse ou footballeuse professionnelle, sa passion n'est qu'un prétexte à cette plongée en Enfer, à ce rêvé éveillé où sa quête effrénée de la perfection devient bientôt un basculement dans la folie. Natalie Portman, qui n'a jamais joué de cette manière, est scrutée comme un animal sauvage par un réalisateur au carrefour de sa carrière. D'ailleurs, peu importe qu'elle ait enchaîné trois navets dans l'année, après une telle prestation, Hollywood est prêt à tout lui pardonner. Le trouble de Répulsion, la douceur des Chansons rouges, l'horreur de La Mouche sont conviés à ce ballet démoniaque où l'art tue les artistes, les forcent à donner de leur peau pour créer l'objet ultime. La douleur se superpose au plaisir et se délecte des chairs meurtries par les frustrations. Mais Aronofsky ne se contente pas d'évoquer un monde artistique cruel où chacun peut être remplacé du jour au lendemain, il épingle son personnage comme un papillon trop tôt capturé, propulsé dans une société où la maturité sexuelle lui tend les bras. Enserrée par une mère protectrice, Nina finit par embrasser sa schizophrénie et sombrer dans les abîmes de la fiction. Un choc psychologique, visuel et sensoriel.

Ma scène préférée : le dernier acte est incroyablement intense. La musique de Clint Mansell, le jeu de Natalie Portman, les dialogues, la mise en scène, "it was perfect", des derniers mots qui résonnent très longtemps.

Le film le plus réussi de l'année

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TOP 15 des pires films de l'année


1) Propriété interdite, de Hélène Angel
2) Les Tuche, de Olivier Baroux
3) Un baiser papillon, de Karine Silla
4) L'Etrange affaire Angélica, de Manoel de Oliveira
5) Rien à déclarer, de Dany Boon
6) Le Moine, de Dominik Moll
7) La Ligne droite, de Régis Wargnier
8) Switch, de Frédéric Schoendoerffer
9) This Must Be the Place, de Paolo Sorrentino
10) Dream House, de Jim Sheridan
11) Le Chaperon Rouge, de Catherine Hardwicke
12) L'Assaut, de Julien Leclercq
13) Tous les soleils, de Philippe Claudel
14) L'Aigle de la Neuvième Légion, de Kevin Macdonald
15) Mon père est femme de ménage, de Saphia Azzeddine

Comme l'année dernière, dix films (un de plus) français dans ce flop 15. Le fossé entre The Artist, Polisse, La Guerre est déclarée ou Les Bien-aimés et certains des sus-cités se creuse de plus en plus. Moins de films pour plus de qualité ? A méditer.

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Meilleurs acteurs de 2011


Au rayon acteurs français, beaucoup de beau linge cette année, mais j'ai retenu : (attention, tous les classements qui vont suivre sont sans ordre de préférence)

Denis Podalydès (en Nicolas Sarkozy dans La Conquête)
Jérémie Elkaïm (parfait dans Belleville Tokyo, La Guerre est déclarée et Polisse)
Sami Bouajila (Omar m'a tuer)
Philippe Torreton (Présumé coupable)
Jean Dujardin (The Artist, qui peut l'empêcher de décrocher le César et peut-être l'Oscar de la meilleure prestation ?)

Mentions spéciales pour Vincent Lindon (Toutes nos envies, La Permission de minuit), Omar Sy (Intouchables) et Michel Piccoli (Habemus Papam).

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Chez les acteurs internationaux, là encore, 2011 fût une année de performances et de révélations.

Matt Damon (Au-delà, True Grit, L'Agence, Contagion, on l'a vu dans tous les films)
Ryan Gosling (Blue Valentine, Crazy Stupid Love, Drive, Les Marches du pouvoir, il est l'homme de l'année)
Colin Firth (Le Discours d'un roi, je lui avais prédis un Oscar l'année passée, bingo !)
Michael Fassbender (X-Men First Class, A Dangerous Method, Shame, étonnez-vous ensuite que la Banquise fonde ...)
James Franco (127 heures, La Planète des singes : les origines, il a merveilleusement bien rattrapé sa mauvaise prestation aux Oscars avec Anne Hathaway)

Mentions spéciales pour Joseph Gordon-Levitt (50/50), Mel Gibson (Le Complexe du Castor), Geoffrey Rush (Le Discours d'un roi, Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence), Christian Bale (Fighter), Andy Serkis (La Planète des singes : les origines, Tintin) et William Mapother (Another Earth).

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Meilleures actrices de 2011


Les actrices françaises ont confirmé tout le bien que je pensais d'elles en 2010 avec des performances souvent inoubliables.

Valérie Donzelli (ma révélation dans Belleville Tokyo, La Guerre est déclarée et Pourquoi tu pleures ?)
Bérénice Béjo (pétillante et mutine dans The Artist)
Chiara Mastroianni (merveilleuse dans Les Bien-aimés en amoureuse éperdue)
Clotilde Hesme (une future grande, sensible et touchante dans Angèle et Tony)
Marie Gillain (on avait oublié à quel point elle pouvait être fantastique, Philippe Lioret lui redonne enfin une place au soleil dans Toutes nos envies)

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Les actrices internationales n'ont pas été en reste avec, bien souvent, de très beaux rôles de femmes ou d'adolescentes.

Natalie Portman (grandiose dans Black Swan, nous passerons sur Sex Friends, Thor et Votre Majesté)
Kirsten Dunst (mémorable en dépressive dans Melancholia)
Jessica Chastain (l'une des révélations de l'année, à l'affiche de la Palme d'Or, The Tree of Life, mais aussi de L'Affaire Rachel Singer et La Couleur des sentiments)
Jennifer Lawrence (révélée par Winter's Bone, elle a confirmé les espoirs dans X-Men First Class et Le Complexe du Castor)
Tilda Swinton (à chaque film, on pense qu'elle tient le rôle de sa vie, mais son personnage de mère dans We Need to Talk About Kevin restera dans nos mémoires)

Mentions spéciales pour Charlotte Gainsbourg (Melancholia), Mila Kunis (Black Swan), Zoe Saldana (Colombiana), Mélissa Léo (Fighter), Rachel McAdams (Morning Glory), Carey Mulligan (Never Let Me Go, Drive, Shame), Michelle Williams (Blue Valentine) et Nicole Kidman (Rabbit Hole).

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Mes révélations de 2011

L'année dernière, j'avais misé sur neuf nouveaux talents. La plupart ont confirmé qu'ils étaient les espoirs de demain : Eric Elmosnino a récolté (comme je l'avais pronostiqué hasardeusement à l'époque) le César du meilleur acteur, Anna Kendrick s'est illustrée dans 50/50 aux côtés de Joseph Gordon-Levitt, Jesse Eisenberg a été à l'affiche de plusieurs films que je n'ai pas eu l'occasion de visionner, Gemma Arterton a tourné deux films en salles dès 2012, quant à Rooney Mara, elle sera Lisbeth Salander dans l'adaptation Millenium de David Fincher. Pour les filles de Tout ce qui brille, la moisson fut fructueuse : Leïla Bekhti a reçu le César du meilleur espoir féminin et s'est affichée dans de nombreux films ; Audrey Lamy cartonne avec son one-woman-show et Géraldine Nakache vient de terminer son dernier film. Quant à Max Minghella et Abbie Cornish, ils ont joué les seconds rôles, respectivement dans Les Marches du pouvoir, Sucker Punch et Limitless alors que Mia Wasikowska était une jeune femme condamnée par la maladie chez Gus Van Sant et sera l'année prochaine à l'affiche de Jane Eyre et d'Albert Nobbs avec Glenn Close. Enfin, Carey Mulligan fait partie de mes mentions spéciales cette année et poursuit une carrière auréolée de succès.

Alors qu'en est-il de 2011 ? Ils sont seize à m'avoir étonné et je parie sur une future carrière réussie pour eux.


Avec de gauche à droite (et de haut en bas) :

Hailee Steinfield (éblouissante dans True Grit, elle me rappelle les débuts de Natalie Portman dans Léon, je lui souhaite le même chemin)
Elle Fanning (petite sœur de Dakota, elle a illuminé la pellicule de Somewhere et de Super 8, retenez bien son nom, elle va devenir une immense actrice)
Emma Stone (la revanche des rousses après Jessica Chastain, elle était parfaite dans Crazy Stupid Love et La Couleur des sentiments)
Chris Hemsworth (le charisme né dans Thor)
Zoé Héran et Malonn Lévana (des bouts de chous au naturel désarmant dans Tomboy)
Thomas Doret (une boule de nerfs et de rage dans Le Gamin au vélo)
Anton Yelchin (émouvant en fils de Mel Gibson dans Le Complexe du Castor)
Kristen Wiig (un potentiel comique certain et une écriture brillante dans Bridesmaids)
Grégory Gadebois (excellent en marin bourru dans Angèle et Tony
Brit Marling (son minois touchant va faire des ravages à Hollywood, elle était exceptionnelle dans Another Earth, dont elle a également co-écrit le scénario)
○ Le cast de l'Apollonide - souvenirs de la maison close et plus précisément Céline Sallette, Adèle Haenel, Alice Barnole et Iliana Zabeth
James Frecheville (mutique dans Animal Kingdom de David Michôd, petit polar australien renversant)
Ezra Miller (en adolescent tueur dans We Need to Talk About Kevin)

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Mes attentes pour 2012


15 films en images : Take Shelter (film apocalyptique - Grand Prix du Jury à Deauville - avec l'intense Michael Shannon) / Perfect Sense (Ewan McGregor et Eva Green amoureux dans une société où les êtres humains perdent petit à petit toutes leurs sensations) / Jane Eyre (avec Mia Wasikowska et Michael Fassbender) / The Dark Knight Rises (jamais la fin d'une franchise n'aura été attendue avec cette ferveur) / Take This Waltz (un triangle amoureux filmé par Sarah Polley) / Upside Down (projet très intriguant avec Kirsten Dunst et Jim Sturgess) / Hunger Games (l'adaptation du best-seller - que je n'ai pas lu - mais la bande-annonce m'a donné envie de le voir) / Trust (le dernier film de David Schwimmer, ex-Ross dans Friends) / Cosmopolis (le prochain David Cronenberg avec Robert Pattinson, un choix de casting très audacieux) / Young Adult (quatrième film de Jason Reitman, là encore écrit par Diablo Cody, j'espère qu'il réitérera la merveille qu'était Juno) / Millenium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes (David -Fincher-, que la force soit avec toi !) / Twixt (le nouveau Francis Ford Coppola avec Elle Fanning et Val Kilmer) / La Colline aux Coquelicots (parce qu'un film des Studios Ghibli, qui plus est réalisé par le fils d'Hayao Miyazaki ne se manque pas) / My Week With Marilyn (pour découvrir Michelle Williams en Marilyn Monroe) / Detachment (le prochain Tony Kaye - American History X - sur un professeur bouleversé par ses élèves).

Je n'oublie pas le prochain Xavier Dolan (Laurence Anyways, qui ira sûrement à Cannes), les deux longs-métrages de Tim Burton (Dark Shadows et Frankenweenie), The Burial, un projet très rapide pour Terrence Malick après The Tree of Life, 360 de Fernando Meirelles (réalisateur de Blindness et La Cité de Dieu), l'adaptation de Bel-Ami que l'on attend depuis un moment maintenant, De rouille et d'os, le nouveau Jacques Audiard, Amour de Michael Haneke, The Place Beyond The Pines de Derek Cianfrance avec toujours Ryan Gosling, Sur la route de Walter Salles, Le Magasin des suicides de Patrice Leconte, Rebelle chez Pixar, The Great Gatsby de Baz Luhrmann et tant d'autres qui vont illuminer cette année 2012.

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Allez, tous dans les salles maintenant ! Belle année à tous :-)